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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 12:53
Je poursuis mon Edito sur les céréales. Je vous le disais mardi : la demande pour les céréales explose et leurs prix s'envolent. Le blé gagne ainsi 110% en un an, le soja 78%, le maïs 70% sur 15 mois. Le riz et l'avoine affichent des hausses de plus de 30% en moins d'un an...
Le marché est très tendu, inélastique (on ne peut pas s'arrêter de manger !) et sans stock ! Par conséquent, la moindre incertitude fait grimper les cours.
Poursuivons...
Les stocks de céréales atteignent des niveaux alarmants
Baisse de l'offre, hausse de la demande : forcément le stock mondial de blé est en chute libre. On "pompe" dedans sans scrupule ! Et c'est inéluctable ! Les gens ont besoin de manger. C'est un besoin primaire essentiel à la survie !
Je vous le disais mardi : sur les dix dernières années, huit fois sur dix la consommation a dépassé la production. Vous imaginez l'impact sur le stock mondial !
Bref, les stocks sont au plus bas depuis des décennies. Et pas seulement le blé. Le problème est général. Prenons le soja : la demande chinoise s'envole alors que les caprices de la météo ont fortement réduit ses récoltes. Du coup, elle doit massivement importer du soja.
En gros, les stocks mondiaux de céréales ont été divisés par deux depuis 2000. En sept ans ! A ce rythme, nous en avons encore pour sept ans et après... les famines pourraient-elles resurgir ? Je n'ose même pas y penser.
Pour parler concrètement, s'il ne fallait dépendre que du stock mondial de céréales, nous aurions de quoi nourrir la planète pendant... 55 jours seulement.
Et comme les problèmes n'arrivent jamais seuls...
Et les choses ne s'améliorent pas ! Beaucoup d'Etats souffrent de la hausse massive des prix des céréales et doivent importer pour faire face à la demande interne. Regardez ce qui se passe en Chine, en Inde, au Pakistan et même en Europe ! Chez nous, pas un jour ne se passe sans qu'on entende parler de la hausse des prix des produits alimentaires. En Chine, les promotions des grands magasins sur les produits alimentaires de base créent des émeutes qui font des morts ! Aux Etats-Unis, l'inflation sur les produits alimentaires est bien réelle. Les Américains consacrent 20% de leurs revenus au panier alimentaire. Ce n'est pas rien...
Etant donné la situation, il pleut des restrictions à l'exportation ! Regardez la Russie et l'Ukraine : ces pays relèvent leurs taxes à l'exportation sur les céréales pour privilégier la demande interne avant tout. Il s'agit de remplir ses propres greniers avant de remplir ceux des autres ! Certains pays d'Amérique du Sud font de même.
A tout cela s'ajoute la problématique environnementale
Les pays producteurs doivent faire face au manque croissant d'eau pour irriguer les cultures : à force de pomper l'eau -- la sécheresse aidant -- les nappes phréatiques australiennes s'assèchent. Même constat aux Etats-Unis et dans notre bonne vieille Beauce, les nappes souffrent également.
Et c'est sans parler des engrais et pesticides qui polluent les nappes et les cours d'eau. A force de rechercher la productivité à tout prix, on va finir par tout perdre ! Regardez la Chine : les fleuves sont massivement pollués, non seulement par les industries mais aussi par les pesticides et les engrais. La population s'empoisonne à petit feu et cela ne dérange personne.
Résumons-nous
La population ne va pas soudainement diminuer, ni le pouvoir d'achat des BRIC se réduire ! Les stocks vont continuer de baisser tout simplement parce qu'avec le réchauffement climatique, il va falloir compter avec des récoltes de moins en moins productives. Autre élément clé : les biocarburants. Le choix entre essence ou alimentation va arriver au coeur du débat bien plus rapidement que prévu, croyez-moi.
Pas de doute, le rally des produits agricoles n'est pas terminé.
Le blé de Minneapolis atteint des records inouïs !
Prenons un exemple très parlant des conséquences de la baisse de l'offre sur les prix des céréales. Tout se passe actuellement à la bourse de Minneapolis où s'échange le blé d'été.
L'offre de blé est cette année très limitée du fait de la sécheresse qui a partiellement détruit la derrière récolte. Parallèlement, la demande ne faiblit pas. Du coup, les prix s'envolent. A tel point que les agriculteurs sont en train de vendre les grains de blé qu'ils avaient mis de côté et qui devaient leur servir de semis pour la prochaine récolte !! C'est tout simplement incroyable !
Aujourd'hui, le contrat échéance mars sur le blé d'été a atteint un record absolu -- tous contrats futures sur le blé confondus -- à 14,33 $ le boisseau.
Vous voulez un bon  conseil ?
Profitez de la prochaine consolidation du marché des céréales pour vous positionner ! La tendance est loin de s'interrompre ! Nous sommes partis pour une hausse de très long terme, tant les fondamentaux sont clairs, solides et leur évolution inéluctable.
Et n'oubliez pas : le marché est très tendu, inélastique (on ne peut pas s'arrêter de manger !) et sans stock ! Par conséquent, la moindre incertitude fait grimper les cours.
Source : publications-agora.fr, auteur :Isabelle Mouilleseaux (7/02/08)

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