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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 10:59

Une baisse de cours de 36% en trois mois
En février 2006 les prix du sucre sont montés jusqu' à un plus haut de 23,14 cents US la livre, un plus haut depuis 1982 ! Ils se sont ensuite écroulés durant les années 2006 et 2007 jusqu' à 10,5 cents, puis ont rebondi début 2008 jusqu'à 15,80 cents en mars dernier.

Depuis ce point haut, les cours du sucre se sont à nouveau largement affaissés et ont récemment touché un plus bas depuis 2002, juste en-dessous de 10 cents. C'est donc une baisse de cours de 36% en trois mois seulement que vient d'encaisser le sucre.

Trop de sucre, tue le sucre
Le sucre serait-il victime de l'enthousiasme des producteurs ? En effet, la demande ne vient plus uniquement de l'industrie agroalimentaire mais également du secteur automobile depuis que les voitures roulent à l'éthanol.

Les prix du pétrole qui grimpent sans fin renchérissent considérablement le prix de l'essence, ce qui fait croître la demande pour des carburants alternatifs, éthanol en tête. Or l'éthanol est fabriqué à base de plantes et notamment la canne à sucre.

Pour faire face au récent développement des carburants verts, les producteurs ont pris les devants et ont accru leur production de sucre. A commencer par le Brésil et l'Inde. Voilà pourquoi la demande devient structurellement inférieure à l'offre depuis quelques années.

Conséquence : les stocks mondiaux sont élevés
Le Brésil va ainsi encore augmenter sa production de sucre de 7,5% à 35,9 millions de tonnes l'année prochaine, selon Czarnikow, le plus gros courtier en sucre du monde.

La surproduction, même si elle devrait baisser à 1,6 million de tonnes l'année prochaine (à la fin septembre 2009), est de 11 millions de tonnes cette année. Ce sera, d'après les courtiers spécialisés, la troisième année consécutive de déséquilibre enregistré entre l'offre et la demande.

Le marché devrait mettre au moins deux ans à absorber ces stocks. Voilà pourquoi les contrats futures, dont la livraison physique est  postérieure à 2009, voient leurs prix remonter peu à peu.

La spéculation : un accélérateur de tendance
L'explosion en volume des investissements financiers sur le marché des matières premières a généré de la spéculation. C'est même, plus que sur les autres marchés de matières premières, une donnée importante du marché du sucre. La spéculation a ainsi largement contribué à la forte hausse des prix du sucre sur les mois de décembre, janvier et février derniers.

Ce sont toutefois les fondamentaux de l'offre et de la demande qui ont ensuite tiré les prix à la baisse, ce qui en soi est une intéressante indication sur la financiarisation des matières premières et sur le comportement des investisseurs.

Ce sont en effet les données fondamentales concernant l'adéquation entre production et consommation qui, au final, déterminent la tendance des prix sur les marchés. La spéculation est un accélérateur de tendance ou alors une force contrariante de moyen terme.

La récente baisse a ainsi sans aucun doute contribué à un assainissement du marché. Et sur le long terme, le marché du sucre pourrait tirer bénéfice de la hausse tendancielle des prix du pétrole.

Que nous dit l'analyse technique de long terme ? Opportunité devant nous
Sur le graphique long terme, les prix viennent juste de rebondir sur la principale droite de support qui est valide depuis 2000. Ce support, qui passe par les bas de 2002 et 2007, se situe au niveau des 10,20 cents.

Si ce support venait à être cassé à la baisse, le prochain objectif serait sans doute la zone des 8,35 cents ou les prix avaient rebondi à partir de 2000. C'était à l'époque un double-bottom assez évident (points A et B sur le graphique).

 

Que disent les indicateurs court terme ? Retournement en vue...
Les bandes de Bollinger montrent que les prix évoluent depuis plus d'une semaine sur la bande inférieure, ce qui est typiquement le signe d'une configuration de survente et de retournement potentiel de tendance. Les prix viennent de la bande supérieure depuis le 17 avril (point A sur le graphique), et ont baissé continuellement jusqu'à toucher la bande inférieure, qui correspond également à un ancien plus bas (celui de 2002). Cela revient à dire que l'objectif de la tendance baissière a été atteint.

Les oscillateurs techniques confirment également par leurs signaux cette probabilité de retournement de tendance. Le RSI (14 jours) évolue clairement depuis le 20 mai dans la zone de survente.

L'indicateur Ultime laisse apparaître quant à lui une divergence haussière. Il est à son niveau de début mai alors que les cours étaient alors bien plus haut. En gros, les récents nouveaux plus bas des prix ne sont pas confirmés par de nouveaux plus bas de l'indicateur. C'est souvent le signe que le vent s'apprête à tourner...

Enfin, l'indicateur technique de momentum confirme cette divergence et a déjà commencé à infléchir sa tendance (depuis le 27 mai). Le momentum baissier est ainsi en bout de course.

 

Mon scénario ?
Un scenario de rebond devrait permettre aux cours de retracer au moins une partie de la récente baisse débutée le 17 avril (point A sur le graphique). Le niveau de 50% de retracement pourrait être un premier objectif de cours, à 11,80 cents.

De plus, si les prochaines statistiques concernant les stocks indiquent qu'une absorption lente certes mais croissante de la surproduction est confirmée, les prix devraient remonter rapidement au-dessus de 13,65 cents, l'ancien plus haut d'avril dernier.

Source : L'Edito Matières Premières du 3/06/08

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