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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 10:18

Le cours du blé s'est effondré
Parti de 4,60 $ le boisseau en avril 2007, le cours du blé a atteint en mars dernier les 13,18 $ sur le Cbot. Soit une hausse de 190% en moins d'un an.

Le blé n'a depuis cessé de dégringoler, chutant de 13,18 $ à 7,31 $ actuellement. Une chute de 45%. Jusqu'où ira-t-il ?

Pourquoi une telle baisse ?
Dès le début, les indicateurs avancés inspiraient à la prudence. Lors des semis au printemps, les agriculteurs américains (les Etats-Unis sont le gros producteur de blé) ont largement favorisé le blé au détriment du soja et du maïs. Normal, me direz-vous. Avec un blé qui atteignait les 13 $ quelques semaines avant les plantations, on peut imaginer que les agriculteurs se sont laissés tenter...

En Europe les surfaces consacrées au blé ont elles aussi augmentées. Une volonté de Bruxelles...

Donc, si vous consacrez plus de terres à la culture du blé, vous vous attendez à voir votre production croître (sauf incident climatique).

A cela s'est ajoutée une météo relativement clémente
La météo a été clémente sur les principaux pays exportateurs de blé que sont de loin les Etats-Unis, suivis par le Canada, l'Australie, l'UE, la Russie/Ukraine et l'Argentine. Je ne citerai qu'un seul exemple : l'an passé, la sécheresse avait décimé la moitié de la production de blé australienne. Du coup, la production, qui était l'an dernier de seulement 13 millions de tonnes, est attendue aujourd'hui à 27 millions de tonnes.

N'oubliez pas qu'une météo favorable dope les rendements et la production.

Du coup, on s'attend à une production de blé record
La production, qui s'élevait la saison dernière à quelque 611 millions de tonnes, doit passer cette année à 664 millions de tonnes. Un chiffre très impressionnant...

Vous me direz que la demande s'inscrit, elle aussi, en hausse. Certes. Elle devrait atteindre "seulement" 632 millions de tonnes.

L'équation est donc en faveur d'une baisse des cours. Et cerise sur le gâteau : nous allons pouvoir avec les excédents dégagés (fait relativement rare !) renflouer les stocks de blé mondiaux qui atteignent des niveaux dangereusement bas. Ce qui lèvera les pressions sur les prix en cas de tensions à venir sur les marchés.

Autre facteur de baisse des cours :
Le rebond du dollar, qui renchérit le coût du blé pour les importateurs. A tel point que la question qu'on se pose actuellement est de savoir si les exportations de blé américaines vont réussir à maintenir leur niveau. La crainte étant que le surplus de blé produit ne trouve pas preneur... L'Afrique du Sud, par exemple, a déjà prévenu qu'elle importerait moins de blé cette année.

Le cours du blé va-t-il poursuivre sa tendance baissière ?
Prudence... et patience.

Le blé pouvait jusqu'ici compter sur un support solide autour des 7,35/7,45 cents pour contenir les pressions vendeuses. Ce seuil a résisté vaillamment en novembre 2007, puis en mai et août 2008. Or il pourrait bien être en train de rompre en ce moment même... Suivez l'évolution du cours du blé de près dans les prochains jours.


Cours du boisseau de blé coté à Chicago en US cents

Nous pourrions assister à une nouvelle vague de baisse
Si le blé devait franchement casser son seuil support, ce serait un signal de vente qui pourrait propulser le cours du blé un peu plus à la baisse encore.

Idéalement, il devrait alors arrêter sa course vers les 6,30 $ le boisseau. Le blé n'est jusqu'ici pas passé sous sa ligne de tendance haussière débutée fin 2005. S'il franchissait cette ligne, il sortirait de sa tendance haussière pour de bon...

On pourra alors envisager de se positionner
Autour de ces niveaux, il deviendra peut-être intéressant de se poser la question de se placer sur le blé. Car nous bénéficierons alors d'un support solide, d'un point d'entrée relativement bas donc intéressant, et la saisonnalité pourrait en outre être de notre côté (les cours ont tendance à monter à l'automne).

Il faudra d'ici-là surveiller de près les semis réalisés en automne, pour savoir notamment si les agriculteurs allouent davantage ou moins de surfaces agricoles au blé...
Source : L'Edito Matières Premières & Devises du 9/09/08

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