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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 20:03

Les coûts de transport des céréales et autres « vrac sec » ont plongé. Lorsque « la mer va mal », l’économie entière fait naufrage.

 

Avec des coûts de transport qui ont fortement décroché de leurs sommets depuis l’été, il pouvait être légitime de penser que les échanges seraient plus dynamiques. Il n’en est rien. Au contraire même, estime le CIC (conseil international des céréales) : l’analyse, qui tendait à dire que « des prix plus bas et la dégringolade des taux de fret maritime étaient susceptibles de stimuler les échanges, a été tempérée par une inquiétude grandissante de voir la récession freiner la demande ».

La crise des marchés boursiers a déjà montré certaines conséquences sur l’économie réelle. La « pompe à crédit » s’est asséchée selon le jargon des économistes, même pour des Etats ayant des garanties. Ainsi, certains sont contraints de repousser leurs achats de céréales, ce qui tend à diminuer la demande sur le marché mondial. Ce qui est vrai pour les céréales, l’est aussi pour les autres matières premières de type « vrac sec » (minerais, charbon), qui empruntent les même navires.

 

L’incidence de la spéculation.

De même que les spéculateurs s’étaient emparés du marché des matières premières avec les premiers contrecoups de la crise des subprimes en 2007, ils ont aussi largement investi les marchés à terme du fret, entraînant une forte volatilité. Le BDI (Baltic dry index), qui est un indice reflétant la moyenne des taux de fret maritime de « vrac sec », s’est ainsi envolé à presque 12 000 points en mai 2008, pour retomber brutalement à 1 400 points aujourd’hui, soit le plus bas niveau depuis six ans. Parallèlement, le coût du transport d’une tonne de céréales en provenance du Brésil et jusqu’en Europe est descendu à 42 $/t le 29 octobre, contre 130 $/t au plus haut de la courbe entre avril et juin 2008, d’après le CIC.

Cependant, cette baisse violente du fret n’est pour l’instant pas de nature à redessiner la carte des échanges mondiaux. La forte hausse du dollar par rapport à l’euro permet notamment aux céréales européennes de rester compétitives à l’exportation et les pays de la mer Noire restent nos principaux concurrents.

Source : La France Agricole du 7 novembre 2008 p146

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