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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 12:10
Tout d'abord, un grand merci à Laduge pour cette veille sur les articles issus de la presse économique nationale concernant les matières premières et notamment les "céréales".

INTERVIEW - Michel Portier est le directeur d'Agritel, un cabinet de conseil en gestion du risque de prix   sur les matières premières agricoles.

Lefigaro.fr/ jdf.com Quels facteurs jouent sur les cours des céréales ?
Michel Portier Le rythme de croissance de la population mondiale, qui devrait compter 9 milliards de personnes en 2050, combiné à la baisse continue du rendement des terres agricoles, constitue un facteur de hausse durable des cours des céréales. L'incertitude plane sur l'ampleur de la baisse des stocks mondiaux. Les Indiens et des Chinois diversifient leur alimentation, avec davantage de viande dans leur menu. Il faut 2,5 kg de blé pour produire 1 kg de poulet. Malgré la crise économique, chacun doit continuer à se nourrir, même si le consommateur peut se tourner vers des aliments moins chers. Les aléas climatiques, qui par définition ne peuvent pas être anticipés, impactent également les cours. Mais ces éléments fondamentaux ne suffisent plus aujourd'hui à analyser les mouvements de prix. L'intervention des fonds d'investissement influence également les cours.

Comment vont évoluer les prix par rapport à l'an dernier ?
La volatilité restera très forte sur le marché des céréales cette année. Les matières premières agricoles apparaissent comme un bon thème d'investissement. Le climat favorable en 2008 a permis une récolte exceptionnelle, de 682 millions de tonnes de blé. Avec cette production record, les stocks de blé dans le monde ont commencé à être reconstitués, mais ils restent très bas. En 2007-2008, ils n'avaient pas été aussi réduits depuis 15 ans, ce qui explique en partie l'envolée des cours. La hausse des prix en 2007 était incontestablement excessive, tout comme l'a été le repli en 2008, avec un plus bas atteint le 5 décembre. Le marché stagne depuis trois semaines, car on estime que la baisse des récoltes de blé attendues à 640 millions de tonnes va combler le repli de la demande mondiale.

Quel est le juste prix du blé ?
Le prix d'équilibre du blé se fixe aujourd'hui à 140 euros la tonne. Il correspond au coût de revient, qui a flambé de 40% en trois ans, du fait de la forte hausse du prix des engrais. Autrement dit, les producteurs ne peuvent pas dégager de marge avec un prix inférieur à 140 euros la tonne.

Quel est l'impact de la baisse des cours sur les commandes de semences ?
Malgré la chute des cours, les agriculteurs des pays matures continuent de semer. En revanche, les pays émergents ne disposeront peut-être pas suffisamment de moyens pour investir dans les semences pour la prochaine récolte. La Russie va maintenir son emblavement, mais elle utilisera des semences OGM de Moldavie. Certains pays replanteront des grains de ferme récoltés l'année précédente, qui donneront un rendement plus faible. En Ukraine, plus aucune semence de maïs ni d'orge ne se vend. Une tonne de maïs ukrainien au départ du champ rapporte 30 euros, or ce prix correspond au seul coût de séchage des grains. La production pour ce niveau de prix s'avère donc impossible. A Chicago, premier marché mondial de céréales, le boisseau de maïs se vend 3 dollars. A ce prix, les producteurs américains risquent de semer moins de cette céréale, dont ils restent les premiers producteurs au monde. Cette probable diminution devrait entraîner une hausse des cours, d'autant que la demande de maïs destiné à la fabrication d'éthanol ne fléchira pas. Le président américain Barack Obama a en effet décidé de maintenir le développement de cette filière, bien que la quasi-totalité des usines productrices de ce biocarburant soient en dépôt de bilan.

Source : Le Figaro.fr du 13/02/09


Alimentation : la production céréalière s'oriente à la baisse en 2009

Ce que l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) n'avait cessé de redouter ces derniers mois semble se réaliser. Selon les premières indications pour 2009 de la FAO, publiées jeudi 12 février, la production céréalière est orientée à la baisse. Le record enregistré en 2008, qui avait permis d'éloigner les risques de poursuite de l'envolée des prix alimentaires, ne serait donc qu'un bref répit. Selon la FAO, les surfaces ensemencées ont été réduites dans plusieurs grands pays producteurs de l'hémisphère Nord, en raison des moindres attentes concernant les prix et de la cherté des intrants. Aussi, les sécheresses en Argentine ou en Chine, et les pluies en Inde vont avoir un impact à la baisse sur les récoltes. En Argentine, la récolte de maïs va être réduite de 26 % à cause de la sécheresse qui sévit dans le centre-ouest du pays, malgré les pluies tombées ces derniers jours. La FAO pointe un danger supplémentaire : la poursuite de l'essor des agrocarburants. Durant la campagne commerciale allant de juillet 2008 à juin 2009, le volume de céréales consacrées à cet usage serait de 104 millions de tonnes, 22 % de plus que l'année précédente. "Soit encore 4,6 % de la production céréalière mondiale", commente l'organisation, qui, à l'automne 2008, avait appelé à réduire les risques en matière de sécurité alimentaire provoqués par l'essor des agrocarburants.

 

Source : Le Monde du 14/02/09

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commentaires

jean marc 15/02/2009 22:33

merci , c'est un réel plaisir de vous lire
sur mon explitation maïsicole , nous avons agi comme vous en 2008 ( un mélange de bons contrats à terme et de cours baissiers ).
nos bases de rendement oscillent peu , autour de 100 qx non irrigués .
faisant actuellement un prévisionnel 2009 , je vous communiquerai avec plaisir des couts dès que possible.

Claude 15/02/2009 21:56

Le débat est intéressant à plus d'un titre, et il montre la complexité à laquelle nous devons faire face chacun sur son exploitation et devant son écran.

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le préciser en tant que Champenois, l'année 2008 nous place dans un situation assez moyenne avec nos 75 qx de moyenne en blé, soit juste au niveau médian sité par Manu.

Notre seuil moyen de commercialisation étant compris entre 125 et 135 €/t en fonction des spécificités de nos exploitations champenoises.

Nous avons pu fixé notre prix largement supérieur à ce seuil printemps 2008 (heureusement) pour les 2/3 de notre récolte 2008.

Manu 15/02/2009 12:22

Les coûts sont propres à chacun et à recalculer chaque année, surtout en ce moment. Et bien sûr il faut s'y pencher pour affiner.

Mais je maintiens les 2 points que j'ai évoqués, notamment l'importance primordiale et capitale du rendement, et que les propos généraux d'Agritel ont tendance à occulter (de 40-60 q/ha dans le centre et sud à 100 q et plus au Nord de la Seine (pour simplifier).

laduge 14/02/2009 20:48

Pour ma part je pense les connaitres et même si ce n'est pas facile de l'évaluer surtout au niveau des charges de structures , pour les charges opérationnelles avec un bon logiciel de suivis parcellaire rien de plus simple.Après vaut mieux placer la barre assez haut pour ne pas avoir de mauvaise surprises..

keyser söze 14/02/2009 19:51

je me fais l'avocat du diable :
connaissaez-vous exactement vos coûts de production ?
ou faites-vous avec ce que vous sortent les centres de gestion , ou les moyennes nationales ?
désolé de vous faire ce rentre-dedans , mais c'est pas beau de jouer à menteur/menteur .