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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 10:56

Vous vous rappellez de mon article du mercredi 20 mai "nous sommes au milieu du guet"; je vous ai mis ci-dessous l'article de la chronique "l'édito des matières premières" assez intéressant comme point de vue sur la situation actuel des américains et de leur Dollar. Pour ceux qui souhaitent faire une lecture rapide, RDV à la fin de l'article sur ce qui est souligné et en caractère gras.

Protégez-vous ; faites comme les Chinois

Cette semaine encore, l'envolée de l'or et du brut a été impressionnante. Hier, l'once est venue taquiner les 990 $ tandis que le baril WTI atteignait des sommets lundi, à 69 $.

Inutile de chercher bien loin la cause de cet excès d'optimisme
Le dollar dérape, glisse, chancèle, revient jusqu'à 1,4340 $ pour un euro. Euro pourtant fragile lui aussi ! Et comme les matières sont négativement corrélées au dollar (brut et or en tête), elles en profitent. Ce sont de véritables "anti-dollar".

Les spéculateurs, de retour sur le marché depuis quelques semaines, s'engouffrent dans la brèche et exacerbent le mouvement. Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Certes, il y a spéculation, mais elle est "fondée". Le dollar croule sous des montagnes de dettes. Une véritable "épée de Damoclès" pend au-dessus de sa tête. Même Bernanke commence à tirer la sonnette d'alarme...

Un "privilège exorbitant", qui pourrait bien toucher à sa fin
Jusqu'ici, les Américains pouvaient s'endetter autant qu'ils le voulaient. Leur incroyable train de vie -- largement supérieur à leurs moyens -- était financé par les Chinois, les Japonais et les Moyen-Orientaux qui absorbaient goulûment les T-bonds émis par les Etats-Unis. Créer des dollars et inonder la planète de coupures à l'effigie de Georges Washington n'était pas un souci. Les investisseurs les amassaient de bonne grâce... En son temps, de Gaulle déjà fustigeait ce "privilège exorbitant" que confère le dollar aux Etats-Unis.

Seulement voilà, la crise est passée par là, et trop c'est trop
La dette de la nation américaine prise dans son ensemble s'élève aujourd'hui à 52 590 milliards de dollars, pour un PIB annuel de quelque 14 000 milliards. La dette représente 370% du PIB ! Ecrasante de pesanteur...

Au même moment, alors que sur le front économique et monétaire le dollar s'enfonce, il est attaqué de toutes parts sur le front politique : Chinois, Brésiliens, Russes... tous veulent une nouvelle monnaie de réserve mondiale, plus stable que le dollar.

De quoi franchement "couper l'appétit" aux créanciers américains
Mettez-vous à la place des Chinois, assis sur quelque 750 milliards de dollars de réserves de change... Chaque jour, la valeur de ce "patrimoine financier national" s'évapore un peu plus, au fur et à mesure que le dollar se déprécie.

Voilà de quoi franchement "couper l'appétit" aux créanciers américains qui font aujourd'hui la fine bouche pour ingurgiter les montagnes de dettes émises a une rythme effréné par les Etats-Unis -- qui n'en finissent plus d'injecter de l'argent dans le système pour "sauver la planète finance".

Tout simplement ubuesque
Les Américains ont beau pomper, la source se tarit. Les taux longs montent. A tel point que la Fed en arrive à racheter les obligations émises par le Trésor américain pour lui sauver la mise... Tout simplement ubuesque.

Le risque est bien là. Les créanciers n'en veulent plus de ce dollar affaibli, exténué, exsangue et en bout de course...

Ils savent très bien que si la confiance devait abandonner le billet vert -- rien n'est impossible ! --, il plongerait bien au-delà des 1,60 $ pour un euro. Geithner a beau tenter de les rassurer sur la solidité du billet vert, la pilule est de plus en difficile à avaler. Les créanciers n'y croient plus.

Même notre ami Ben Bernanke tire la sonnette d'alarme. Un comble...
Car c'est tout de même lui le principal instigateur de la politique monétaire américaine. Politique qui a conduit à massivement injecter des liquidités dans le système, à faire tourner la planche à billets à tout-va et du recourir massivement à l'émission de dettes... Politique qui mène le dollar à sa perte.

Serait-il allé trop loin ?
Il sait que oui. Mais ne le dit pas. Ou de façon détournée. Les Américains "ne pourront pas emprunter indéfiniment" au rythme actuel pour financer leurs déficits, nous dit-il. Il était temps de s'en rendre compte !

"Si nous ne faisons pas preuve d'une détermination forte en matière de viabilité budgétaire à long terme, nous n'aurons ni la stabilité financière, ni la croissance économique", poursuit-il. Une lapalissade...

En clair et sans décodeur, il nous dit que le niveau d'endettement américain devient dangereux et qu'il faut réagir.

Pas lui bien sûr... le Congrès américain. C'est au Congrès que ce message s'adresse. C'est à lui de réaliser des économies budgétaires qui s'imposent...

Ben dépense, le Congrès renfloue...
Comment ? Il n'y a que deux solutions : augmenter l'impôt et se serrer la ceinture.

Soit-dit en passant, nous autres Français n'y couperont pas non plus.

Mais il y a une autre solution, aussi imparable qu'implacable : l'inflation. Rien de mieux pour faire "s'évaporer" une dette que l'inflation. Elle est le rêve de tout débiteur...

L'ennui, c'est que les "créances et avoirs" des créanciers fondent au même rythme que les dettes des débiteurs. Un enfer qui n'a qu'une seule et unique parade : les actifs tangibles. A votre avis, pourquoi la Chine achète-t-elle depuis des mois des matières premières à ne plus savoir qu'en faire ? Elles les amassent, les entassent, les accumulent et les empilent, ceci afin de se débarrasser de ses dollars en perdition et pour se protéger de l'inflation à venir.

L'or et le pétrole seront les premiers bénéficiaires de cette situation. Ils tireront avec eux toute la classe d'actifs des matières premières. Oubliez les actifs monétaires, quels qu'ils soient.

Autre parade : la pierre !
L'idée ? Attendre encore quelques mois que les prix baissent, puis acheter en empruntant bien sûr. On aurait ainsi l'opportunité de jouer sur les trois tableaux :

- achat à prix bas ;
- allègement de la dette à rembourser grâce à l'inflation à venir ;
- et protection du patrimoine contre les effets délétères de cette même inflation qui ronge les actifs intangibles.

Source : L'Edito Matières Premières & Devises du 4/06/09

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commentaires

keyser söze 06/06/2009 11:40

sommes-nous arrivés à la fin d'un système ? on se croirait au bistrot ,quand le serveur dit qu'on va fermer et que tout le monde se rue au bar pour consommer un grand dernier coup subventionné par les marques de boissons :-)
les contrats 2008 s'arrêtent au 30 juin , qui voudrait en causer avec moi , pour intuiter au mieux ?

Claude 07/06/2009 23:12


Encore en déplacement ce lundi.
Mais dès mardi, je suis près à faire le point sur les contrats et notament sur 2009 (ceux proposés par certains O.S avec prise de position d'ici la mi-juin).