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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 12:02

La prévision est un exercice difficile... A la mi-septembre 2008, Robert Horster, spécialiste de la question céréalière pour l'Asie, prévoyait qu'en 2009 la Chine deviendrait importateur net de maïs. En d'autres termes, le pays importerait plus de maïs qu'il n'en exporte, puisque sur son marché domestique, estimait-il, l'offre ne pourrait plus satisfaire la demande.

La hausse du pouvoir d'achat dopera le cours du maïs
Robert Horster fonde son pronostic sur le raisonnement suivant : avec l'amélioration de leur niveau de vie, les Chinois devraient consommer plus de viande qu'avant, ce qui pourrait entraîner une rapide recrudescence de consommation de maïs par les animaux d'élevage. D'autant qu'en Chine, l'alimentation du bétail représente 70% à 75% de la consommation de maïs.

Pour mémoire, durant les 30 dernières années -- de forte croissance --, la consommation de viande des Chinois a déjà considérablement augmenté, passant de 13,3 kilos par personne en 1983 à 61,35 en 2006. +360%, soit une augmentation de 15% par an en moyenne

Prévision erronée
Si Robert Horster s'avère être un bon analyste, il s'est trompé dans sa prévision. En effet, les informations qui nous parviennent récemment de Chine ne laissent guère augurer pour 2009 une importation chinoise de maïs excédentaire par rapport au volume d'exportation. L'explication en est simple : sur son marché, l'offre excède la demande.

Une offre abondante
Vous le savez sans doute : la Chine est le deuxième producteur mondial de maïs derrière les Etats-Unis, avec une production qui s'est établie à 165,5 millions de tonnes en 2008, soit 8,67% de plus qu'en 2007 (153,3 millions).

D'autre part, alors qu'en Chine la saison des semailles vient de s'achever, le Centre national d'information sur les céréales et les oléagineux révèle que la surface cultivée de maïs dans le pays est estimée à 29 millions d'hectares en 2009, soit 0,7% de plus qu'en 2008.

Enfin, un récent sondage montre que les agriculteurs chinois, incités par la politique de soutien des prix du maïs pratiquée par le gouvernement chinois depuis octobre 2008, privilégient la culture de maïs, au détriment du soja.

Des stocks excédentaires
Rappelons que sous l'impact conjugué de la crise financière et d'une récolte abondante en 2008, les prix du maïs chinois ont subi une forte baisse, passant de 1 958 yuans (287 $)/tonne le 31 mars 2008 à 1 380 yuans (202 $)/tonnes le 26 novembre 2008.

Pour soutenir les cours et préserver ainsi les intérêts des agriculteurs, Pékin a acheté, entre le 20 octobre 2008 et le 31 avril 2009, 40 millions de tonnes de maïs à des prix supérieurs à ceux du marché.

Certes, les interventions de Pékin ont contribué à faire remonter les cours, qui se sont stabilisés autour de 1 675 yuans (245 $)/tonne à la fin mai 2009. Mais, du même coup, l'Etat se retrouve à un niveau impressionnant de stocks de maïs : 60 millions de tonnes, soit 40 millions de plus qu'en 2008.

 

 

Une demande reste atone
Tandis que l'offre se révèle abondante et les stocks excédentaires, la demande, elle, reste atone. Et selon les prévisions, elle ne devrait pas dépasser 149 millions de tonnes en 2009 -- contre une offre de 165,5 millions de tonnes.

Dans ces conditions, il n'est pas concevable que la Chine s'approvisionne massivement sur le marché étranger pour subvenir à ses besoins en maïs.

Du moins pas à court terme.

Pourquoi avoir importé du maïs américain ?
Certes, en avril 2009, la Chine a importé du maïs américain. Mais il s'agissait d'une opération d'ampleur très limitée, ponctuelle, et qui s'explique essentiellement par la volonté de Pékin de profiter d'une rare opportunité.

En effet, après une chute de 50% environ, le prix du maïs américain s'est avéré plus compétitif que celui du maïs chinois. Un exemple : le 1er mai, le prix FOB d'une tonne de maïs américain était de 1 220 yuans (178 $) seulement, contre 1 665 yuans (243 $)/tonne pour le maïs chinois ; sans compter que le maïs américain est nettement supérieur en qualité au maïs chinois.

Source :  L'Edito Matières Premières & Devises du 11/06/09


C'est une approche (demande à être affinée) avec support à 4,25 (MM50) et résistance à 4,65 $.

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