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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 23:47

Terre-net Média a demandé à un agriculteur conseiller en gestion d’expliquer le raisonnement qu’il a tenu pour commercialiser au mieux sa récolte de blé de 2008. C’est sur le marché à terme qu’il a réalisé les meilleurs profits en vendant un cinquième de sa récolte.

 

Le marché à terme est comme le marché physique un outil de commercialisation. Comment peut-on l’optimiser ?

Le marché à terme n’est pas le recours de la dernière chance pour commercialiser son blé. Pour une année donnée, il faut anticiper en commençant à s’intéresser à la vente de sa récolte un an avant, c'est-à-dire avant de l’avoir semée et en l’occurrence de l’avoir récoltée et stockée. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il faille engager toute sa production sur le marché à terme. En revanche, ce mode de commercialisation est un moyen de réaliser précocement des arbitrages en tentant de couvrir une partie des charges engagées.

 

Et pour être un peu moins seul à prendre ses décisions, pourquoi ne pas échanger ses réflexions à plusieurs pour confronter ses points de vue ?

Dans tous les cas, le marché à terme n’est pas un outil de commercialisation qui peut être employé pour tenter de compenser des coûts de production trop élevés et un manque de productivité.

Les cours affichés reflètent une appréhension du marché à quelques mois et non pas l’évolution des coûts de production de l’exploitant ou de celui des intrants et de l’énergie. En revanche, le marché à terme peut être un outil de commercialisation destiné à valoriser des produits que le marché physique ne permet pas de faire à un temps donné.

Le marché à terme permet donc de mieux vendre sa production ?

Pour répondre à cette question, il faut d’abord s’entendre sur ce qu’on entend par bien vendre. S’il s’agit de vendre sa récolte au meilleur prix, l’avenir le dira. Car le marché à terme correspond à une position que l’on prend par anticipation. S’il s’agit de garantir son chiffre d’affaires, la réponse est en revanche « oui ». Et il est alors possible d’affirmer, dans ce cas de figure, qu’un agriculteur sera parvenu à bien vendre sa récolte si dans un contexte de prix défavorable, il couvre ses charges.

Dans un contexte haussier, il faut accepter que la position prise sur le marché est le fruit d’une décision et non pas la manifestation d’une quelconque frilosité, celle de redouter l’avenir et ne pas avoir attendu que les cours soient encore meilleurs pour vendre. Car dans tous les cas, les bonnes décisions sont celles qui couvrent des risques définis à un moment donné !

Vendre sa récolte est-il, comme celui de produire, un métier à part entière?

Un agriculteur est par essence un spéculateur. Il refuse souvent de vendre en espérant des jours meilleurs. Or la pire des choses est justement d’attendre. Donc, soit il délègue la vente à un Os qui se charge de vendre ses récoltes, soit il décide de vendre lui-même sa récolte, ce qui suppose qu’il a la capacité de prendre lui même position sur le marché en fonction de paramètres et des objectifs précis qu’il s’est donnés.

 

Il faut rester modeste et ne pas espérer ne faire que de bons coups ! J’ai vendu 200 tonnes de blé à 188€ en 2008 par anticipation en juin - échéance novembre 2008, c’est à dire à un prix moyen supérieur à mon prix de revient de l’époque (160€/t). Ma position paraissait prudente aux yeux des experts puisqu’ils prédisaient de nouvelles hausses. Or il n’en a rien été et ceux qui ont attendu ont perdu beaucoup d’argent puisque le prix du blé s’est effondré. Les pertes subies sont parfois énormes car certains céréaliers ont engagé toute leur récolte.
Personnellement, j’ai attendu que les cours se redressent pour écouler à nouveau 200 tonnes à 147€ ce qui au total, sur les 400 tonnes vendues, mon prix de vente moyen s’est établi à 166€ la tonne.
Je ne suis pas sûr au final d’avoir bien vendu. Mais je suis sûr d’avoir mieux vendu mes 400 tonnes que certains de mes confrères puisque je suis parvenu à couvrir mes charges. Le reste de ma récolte est encore stocké et il m’appartient à prendre dorénavant position pour l’écouler dans les meilleures conditions.

Or je n’ai aucune lisibilité sur le marché. J’ai seulement mis une option sur le marché à terme indexée sur le matif avec un déclanchement à 160 euros.

Source : Terre-net Média 23/06/09

Le marché est en attente d'une direction (blé à 142€ sur novembre 2009).

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commentaires

Meteo-man 13/10/2009 16:23


Le site de La France Agricole le propose, mais il faut être abonné. Terre-net fait pareil, Agrisalon n'en a pas, La Télé Agricole non plus, Agriavis non plus... Il faudrait peut être aller voir du
côté des sites en anglais, mais attention aux erreurs de traduction :)


Meteo-man 13/10/2009 15:32


Les marchés à terme nous entraînent en effet dans un jeu dangereux. a ce titre, la seule chose importante à savoir, à mon sens, n'est jamais "comment pourrais avoir plus d'argent" mais "quelles
sont les sécurités qui existent pour limiter les pertes potentielles". Et cela demande déjà des connaissances pointues.

La lisibilité des cours et marchés est aussi aidée par les tendances des cours et marchés, mais cela, tous les sites ne l'offrent pas.


Claude 13/10/2009 16:07



Bonjour Météo man,

La remarque est pertinente au sujet des sécurités.

Comme vous le dite si bien, "si tous les sites ne l'offre pas", c'est bien que certains sites l'offrent.
Alors, comme d'autres le font, il vous suffit de mettre le ou les liens ci-dessous dans la rubrique commentaire pour en faire profiter le plus grand nombre d'entre nous.
Merci par avance de votre aide.