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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 22:26

Pour le Fun, un petit coup sur le pétrole via l'édito des matières premières :



Hier, le baril de brut coté à New York s'est soudainement envolé, venant flirter de avec les 81,50 $ le baril. Pourtant, les fondamentaux n'y sont pas ! Alors pourquoi ? Et pour combien de temps encore ?

Pas de doute, les investisseurs font fi des fondamentaux
1 - Les importations chinoises -- qui FONT la hausse de la demande de brut depuis des mois -- ont diminué de 6,9% en septembre par rapport à août.

Le cours du pétrole devrait en pâtir. Eh bien non...

2 - Les stocks hebdomadaires de brut américains publiés hier sont en hausse. Une hausse bien supérieure aux attentes.

Le cours du pétrole aurait dû en pâtir. Eh bien non...

3 - L'AIE (Agence internationale de l'énergie) estime que fondamentalement, le prix du pétrole est beaucoup trop haut. Et qu'il va finir par mettre en péril la reprise économique.

Rien n'y fait... le cours du brut monte.

4 - L'OPEP en rajoute une couche en disant que le cours du pétrole devrait se situer entre 65 $-75 $ pour respecter les équilibres fondamentaux.

Cause toujours... le brut grimpe.

Pas de doute, les investisseurs font fi des fondamentaux.

La spéculation alors ?

Probablement oui...

La spéculation fait monter le cours du brut
Oui.

Par dollar interposé ! Le dollar baisse, ce qui pousse le brut à la hausse -- la corrélation inverse est extrêmement forte. Les investisseurs jouent la hausse du dollar contre la baisse du pétrole.

Et en prime, une couche d'analyse graphique vient renforcer le mouvement. Je m'explique...

Premier épisode : techniquement, le cours du pétrole, en franchissant le seuil des 75 $, est sorti il y a quelques jours par le haut d'un triangle. Ce qui a déclenché un fort signal d'achat (voir graphe). Les investisseurs sont alors massivement arrivés sur le brut en se positionnant à la hausse ; le faisant passer de 70 $ à 77 $.

Second épisode : le passage hier de l'euro/dollar au-dessus des 1,50, a non seulement déclenché un fort signal d'achat, mais en plus a propulsé le brut largement au-dessus du seuil psychologique des 80 $. Jusqu'à 81,50 $.

Double bingo pour les spéculateurs !

 

Et maintenant ?
"Le mouvement a été si brutal que je ne pense pas qu'il puisse s'arrêter là. Bien sûr, une telle ascension connaîtra des infléchissements... Mais j'envisage la poursuite de la hausse jusqu'à ma deuxième cible, que je maintiens aux environs de 90 $", nous dit Sylvain Mathon dans Matières à Profits.

Mon avis ? Scrutez l'aversion au risque
Le bon démarrage des résultats d'entreprises et l'optimisme quant à la reprise économique ont enterré définitivement l'aversion au risque. Plus personne n'a besoin d'aller se réfugier dans le dollar. Aujourd'hui, les investisseurs quittent le dollar pour aller sur les actifs à risque et rémunérateurs (actions, commos, devises rémunératrices...). Et je ne parle même pas du carry trade qui exacerbe le mouvement.

Il n'y a aucun doute pour moi que la disparition corps et âme de l'aversion au risque entraîne la hausse des marchés, avec comme contrepartie un dollar qui plonge et un euro qui grimpe.

Et qui dit baisse du dollar dit hausse des matières. La boucle est bouclée.

Tout se tient. L'enchaînement est logique... implacable
Cela dit, au coeur de l'enchaînement : l'aversion au risque. C'est la variable clé.

C'est elle qu'il faut suivre de très près.

Le moindre sursaut dans un sens ou dans l'autre, et c'est toute la chaîne qui trinque...

Le moindre retour de l'aversion au risque provoquera la remontée du dollar et la consolidation des marchés actions, commos et pétrole...

Source : L'Edito Matières Premières & Devises du 22/10/09 à 20H00

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