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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 23:01

Souvenez-vous : il y a deux ans, le cours du sucre passait de 5 $ à quasiment 20 $ la livre. Il a été multiplié par quatre ! Le sucre était alors l'une des stars incontestées du marché des matières premières. C'était en 2005.

Puis, un beau jour de janvier 2006... patatras. La tendance s'est inversée et le cours a plongé sous les 9 $. Depuis le début de l'année, le marché sort de sa léthargie.

A long terme, le sucre pourrait progressivement sortir de la crise de surproduction dans laquelle il est enfermé. La demande pour l'éthanol va se développer (raréfaction du pétrole, problématique du CO2) et les changements structurels sur ce marché soutiendront la hausse du cours. Mais les évolutions sont lentes.

A plus court terme, la baisse actuelle du cours du baril de brut (auquel l'éthanol est corrélé) et le rebond du dollar auront plutôt tendance à faire baisser le cours du sucre.

Le cas brésilien
Au Brésil, 50% de la consommation d'essence a déjà été remplacée par l'éthanol. La part de l'éthanol dans l'essence s'élève déjà à 25%. Autre fait marquant : de plus en plus de véhicules fonctionnent à l'éthanol pur.

Il est prévu qu'en 2013, la moitié du parc automobile du pays roulera à l'éthanol. D'ailleurs, les véhicules Renault pour le marché brésilien sont équipés d'un moteur "flex fuel".

Le Brésil est sur ce point très en avance et constitue sans doute un indicateur avancé des évolutions que connaîtront les pays occidentaux.

Le marché de l'éthanol est en train d'exploser
Les Brésiliens vont exporter quelque quatre milliards de litres d'essence verte en 2008. Soit une hausse de 18% sur un an. Et d'ici 2013, le gouvernement table sur un envol des exportations de 73% et une hausse de 50% da consommation intérieure.

L'objectif du gouvernement brésilien, en partenariat avec le pétrolier Petrobras, est de remplacer d'ici 20 ans 10% de la consommation mondiale d'essence par leur éthanol ! Pour cela, il faudra que le Brésil multiplie par 15 sa production. Les exportations d'éthanol passeront alors à 200 milliards de litres -- contre quatre milliards aujourd'hui.

Projet de taille !

Des atouts sérieux
Les Etats-Unis sont très intéressés par la mise en place d'un partenariat avec le Brésil pour réduire leur dépendance énergétique face aux pays producteurs de pétrole et au pétrole en général. Les Européens y sont de plus en plus sensibles.

Autre avantage : l'éthanol brésilien est globalement moins polluant que l'essence et s'inscrit donc dans le processus de Kyoto.

Inutile de vous dire qu'il va falloir planter beaucoup de canne à sucre pour faire face à la demande. Aucun problème, selon les Brésiliens. Mais la problématique "boire ou conduire" finira bien par rejaillir tôt ou tard...

Une progression constante
Consommation et production mondiale de sucre sont en hausse constante depuis des années. Une tendance de fond faite pour durer...

La campagne 2006/2007 s'est soldée par un surplus de 7 millions de tonnes de sucre, selon l'Organisation internationale du sucre. Avec une production de 160 millions de tonnes. Le marché est donc excédentaire.

Plus récemment, le gouvernement brésilien a annoncé une récolte de canne à sucre record pour 2008, à 558,7 millions de tonnes, soit une hausse de 11,4% par rapport à 2007.

Pourtant, malgré ces chiffres de production record, le prix du sucre reprenait ces derniers mois des couleurs. Un paradoxe...

Le marché du sucre connaît un changement structurel profond
Tout d'abord, on assiste à une concentration des exportations de sucre sur quelques gros pays producteurs. Or qui dit concentration, dit moindre concurrence. Regardez ce qui se passe sur le marché du fer !

Ensuite, on se rend compte que de très gros producteurs privés sont en train d'émerger.
Enfin et surtout, les subventions aux petits producteurs locaux étaient innombrables. Or elles tendent à disparaître. Le Brésil est sur cette ligne stratégique. L'Inde, second plus gros producteur mondial de sucre, se pose la question de réduire ses subventions à l'exportation. La conséquence d'une telle décision se traduirait par une baisse des exportations de sucre indien. Il y aurait donc moins de sucre disponible sur les marchés internationaux. Ce qui doperait le cours du sucre.


En juin dernier, alors que le sucre cotait 10 $, Gabriel André vous recommandait vivement le sucre à l'achat dans les colonnes de l'Edito. Effectivement, le sucre a dépassé à plusieurs reprises les 14 $ cet été. Une hausse de 40% ! Ceux d'entres vous qui ont alors acheté un certificat sur le sucre auront pu en profiter...

Que nous dit le graphique ? Les Bears dominent à nouveau
Cet été, les cours avaient sans doute l'intention de tester la résistance des 15 $ (touchée en mars dernier). En vain.

Nous sommes entrés depuis août dans une configuration baissière ; la baisse généralisée des matières tirant le sucre vers le bas, la pression vendeuse a repris le dessus.

Mauvaise nouvelle supplémentaire : la ligne de tendance baissière sur laquelle les cours venaient systématiquement rebondir depuis début juillet -- et qui servait donc de support -- est en train d'être enfoncée (juste au-dessus des 12 $).

 

Suivez le brut et le dollar de près !
La prochaine résistance est toute proche, vers les 11,70 $/11,80 $. Si elle tient, nous pourrions repartir vers les 13 $. Sinon, la probabilité est forte que nous glissions à nouveau sous les 10 $ la livre.

L'évolution du cours du brut et du dollar sera décisive.

Prudence donc sur le sucre en ce moment.

Source : L'Edito Matières Premières & Devises du 11/09/08

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